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Le 18 octobre
2007 à dix heures, moins
nombreuses que l'année précédente, pour le cinquantenaire, mais
tout aussi
déterminées à profiter de la visite de
l'un des
plus beaux joyaux culturels de Cherbourg, nous nous sommes retrouvées, une petite dizaine, devant le
bâtiment du service historique de la défense
(anciennement
service historique de la marine). Cet organisme est installé
dans l'aile sud de l'ancienne caserne de l'Abbaye (*) construite entre 1783 et
1786, conçue pour abriter 600 soldats et sans doute aperçue par
Louis
XVI lors de l'unique voyage officiel qu'il fit en province durant son règne.

La caserne de l'Abbaye vers 1908 - Fonds iconographique SHM
Après un bref passage par la direction de l'action sociale
des
armées, co-locataire du bâtiment et un petit
café,
nous découvrons le vaste chantier de recueil informatique
des données de l'Inscription Maritime,
éléments d'état civil
spécifiques pour le
recensement des gens de mers destinés à servir
à
bord des navires de guerre, une organisation unique dans le monde, mise
en place sous le règne de Louis XIV, sous l'impulsion de Colbert.
Puis c'est le tour des immenses salles qui permettent d'abriter 4
kilomètres de rayonnage et où nous nous
arrêtons de
temps en temps pour contempler des trésors
insoupçonnés :
-
les magnifiques planches de l'Encyclopédie du siècle des Lumières, l'un des premiers ouvrages de ce genre rédigés dans
le monde, par Diderot et d'Alembert, Condillac, Montesquieu et tous les autres soit au total près de 150 collaborateurs;
-
les recueils illustrés de l'expédition d'Egypte de Bonaparte et de tous les savants français de l'époque;
- le
registre où sont mentionnées les soldes remises à l'état-major et
à l'équipage de "La belle Poule", avec à son bord le Capitaine de
Vaisseau, Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe (seule
sa solde n'était pas indiquée sur le dit registre!). Ce navire ramenait
les cendres de Napoléon 1er de l'île de Sainte Hélène vers Cherbourg;
- les atlas aux cartographies étonnement précises malgré leur ancienneté;
- les premières photographies du Nord-Cotentin militaire, etc.
À 13
heures nous continuons toujours à
poser des
questions à notre sympathique et très
érudit
guide, Damien Grelier, bibliothécaire. Et nous comprenons mieux
encore pourquoi la Marine a
aujourd'hui sans doute le fonds d'archives le plus important des
trois Armées et de la Gendarmerie, alors même qu'elle
est la
plus réduite des armées en effectif. Bref, une magnifique
visite. Un grand
merci à Monsieur le Conservateur de l'antenne du Service
Historique de la Défense et à toute son
équipe. Après le déjeuner, les Dames gagnent
l'EAMEA où les attendent leurs époux pour une visite
organisée par le CF Bourmaud, directeur de l'Enseignement.

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l'inscription maritime et le
recueil des données par des bénévoles
pour une informatisation et une consultation par internet |
les kilomètres
d'archives |
Une des "styxwomen", C.H.
(*)
En 2012, l'ancienne Préfecture Maritime, rue Emmanuel Liais,
qui
était devenue depuis une bonne dizaine d'années
l'ensemble immobilier de la Bretonnière (la préfecture
maritime ayant pris la place dans l'Arsenal, devenu Base Navale, des
locaux de la Flotille du Nord) en souvenir de Louis de La
Couldre de La Bretonnière, né à Marchésieux
dans le Cotentin, le 6 juillet 1741, et mort à Paris le 25
novembre
1809, premier concepteur de la rade de Cherbourg, sous l'Ancien
Régime), quitte définitivement
le domaine patrimoniale de la Marine, pour être vendue.
Le
Vice-Amiral d'Escadre Bruno Nielly,
préfet maritime a voulu que le nom de cette illustre
figure cherbourgeoise ne disparaisse pas de la toponymie de la Marine
à Cherbourg et a fait donner son nom à l'ancienne
caserne de Louis XVI... Les
descendants de M. de la Bretonnière (par les femmes)
étaient présents lors de la cérémonie le 14
novembre 2012.

coupure de presse Manche Libre du 17 novembre 2012
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